
L’histoire du Comtat Venaissin, auquel appartient Caromb, est connue depuis César puis d’Auguste. Il ne faut cependant pas oublier la richesse de la préhistoire comtadine, les sites néolithiques d’habitat et de production de silex, dont on a retrouvé de nombreuses traces dans la région.
En 46 avant J.C., Carpentorate, aujourd’hui Carpentras, devient un important lieu d’échanges et pendant cinq siècles sera la capitale de la région. Ce sera alors une période de grande prospérité économique. Il nous reste aujourd’hui le tracé de nos chemins, les centres urbains ainsi que le parcellaire agricole.
Après la chute de l’Empire romain, les peuples germaniques envahissent la région. Les évêques fuient Carpentras pour se réfugier à Venasque où ils resteront jusqu’au XIème siècle. A la mort de Charlemagne, le Comtat Venaissin devient, en 1125, le siège des possessions des comtes de Toulouse. Un siècle plus tard, après la défaite du Comte de Toulouse qui avait pris parti pour l’hérésie albigeoise, le Comtat Venaissin est cédé au Saint Siège. C’est alors que la région prend l’appellation de Comtat Venaissin, du nom de Venasque, qui était alors capitale du diocèse. C’est alors la création d’un Etat Pontifical qui va singulariser pendant des siècles le destin de la région. La présence du souverain pontife donne un essor à l’économie locale et au développement artistique et intellectuel.
Dans le Comtat Venaissin, terre d’asile des Juifs chassés du Royaume de France et d’Espagne, une importante communauté va se développer au fil des siècles. Les Etats Pontificaux du Comtat Venaissin et d’Avignon restent propriétés du pape jusqu’à la Révolution Française.
A la fin du XIVème siècle, le pape quitte le Comtat laissant la gestion à une succession de légats. A la fin du XVIème siècle, la région est le théâtre des guerres de religion. Certains villages sont pris par les Huguenots venant d’Orange, bastion de la Réforme, puis libérés par les troupes catholiques.
Aux XVIIème et XVIIIème siècles, deux siècles de prospérité : hôtels particuliers, fontaines, art baroque venu d’Italie sous l’influence des légats italiens, couvents, etc. De nombreux édifices témoignent de la richesse de l’époque : synagogue, Hôtel d’Allemand, l’Hôtel-Dieu de Carpentras, collégiale et hôtel de Campredon à L’Isle sur la Sorgue, nombreuses fontaines du Comtat, orgue de Caromb, etc.
Dès 1789, bien que le Comtat soit favorable et fidèle au pape, c’est une guerre civile qui oppose le Comtat à Avignon, qui souhaite être rattachée à la France. Finalement le 14 septembre 1791, le rattachement est adopté et en 1793, le département de Vaucluse est créé.
Durant la seconde moitié du XIXème siècle, commence le déclin de la vie économique, en raison de graves difficultés : la crise du ver à soie, de la garance et de la vigne, attaquée par le phylloxéra. Grâce à la mise en place d’un réseau d’irrigation (aqueduc et canal de Carpentras) ces difficultés accélèrent la reconversion de l’agriculture vers le maraîchage. L’arrivée du chemin de fer à partir de 1862 ouvre une ère nouvelle à l’agriculture de la région et fait du Comtat « le jardin de la France ».
LE PATRIMOINE BATI :
Plus de 50 monuments sont inscrits ou sont classés. Ils sont témoins d’une richesse patrimoniale qui va de l’Antiquité à nos jours.
Héritage religieux
Le Comtat Venaissin étant une terre pontificale, les édifices religieux sont nombreux : églises, chapelles de pénitents et monastères. En campagne, chapelles et oratoires sont encore témoins de la ferveur religieus et de la dévotion populaire. Quant à la présence juive, la synagogue est également classée monument historique en raison de son exceptionnelle salle de prière.
Lieux de culte remarquables : chapelles romanes de Notre-Dame d’Aubune à Beaumes-de-Venise, de la Madelène à Bedoin, le baptistère et l’église de Venasque, chapelles du Saint Sépulcre à Beaumont-du-Ventoux, de Notre-Dame de Pareloup à Mazan, etc.
Fortifications
Pour protéger les populations, les enceintes urbaines sont renforcées : porte d’Orange à Carpentras, les remparts de Venasque et d’Aubignan, mais aussi les églises fortifiées de Caromb et de Malaucène, etc.
L’eau
Grâce aux sources sur mont Ventoux le Comtat Venaissin est moins aride que le reste de la Provence. Chaque village possède sa ou ses fontaines, son ou ses lavoirs, par exemple les fontaines de Caromb, de Lafare, Pernes les Fontaines, Flassan, Saint Didier, les lavoirs de Malaucène, de Sarrians, du Barroux, etc.
En 1313, pour alimenter les fontaines de Carpentras le Pape Clément V fait acheter et acheminer par une galerie souterraine de 9 km une source de Caromb. Cette eau arrive à Carpentras par un aqueduc, modernisé et agrandi en 2710.
En 1766, pour irriguer les terres de Caromb, le révérend fait construire un barrage en remblai, qui constituant ainsi le Lac du Paty.
Un autre canal est construit au XIXème siècle, amenant l’eau de la Durance. Ce canal serpente à travers la plaine du Comtat et constitue une très belle promenade.
Les habitations
L’habitat traditionnel est le mas. Construction rectangulaire, il est composé de plusieurs corps de bâtiments. La partie habitée est orientée nord-sud pour se protéger du mistral. La cabanon était un abri dans les champs qui servait de remise et où l’on se retrouvait, en famille, le dimanche. Les bories sont des abris de pierres sèches. Caromb possède de très belles bories reconstituées dans la colline du Paty. Enfin, les hôtels particuliers témoignent de la richesse de la région, par exemple le Château du Barroux, le château de Sade à Mazan, le château de La Roque sur Pernes, etc.
LES BORIES
On les appelait « lou bori ». En provençal cela signifie « cabane ».
Antérieures aux Romains, leur construction remonte à la nuit des temps. Elles ont sans doute été utilisées comme habitations, à leur origine, peut-être aussi à l’époque romaine et au Moyen Age.
Depuis, les bories sont servi d’abris pour les berges, parfois pour les brebis. On en trouve une dizaine dans la colline du Paty, au-dessus de Caromb, et de plus grandes autour du Beaucet, de Venasque et de la Roque sur Pernes.
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